Archive for the ‘politique’ Category

Doing Germany 2 – d’Hagenow Land à Duchanbé

lundi 28 juillet 2008

Le début du voyage est là

Deux trains plus tard, me voilà à la première étape de mon périple: Lübeck-Blankensee International Airport. Ou plus exactement sa gare. Ou plus exactement son quai, fraîchement inauguré. C’est peu charmant. Je me dis qu’il faut que je quitte cet endroit plus déprimant qu’un Houellebecq au plus vite, sinon ça n’est pas moi qui vais monter dans le prochain train mais l’inverse. Ils ont bricolé l’arrêt en six semaines et pour pas cher, même que c’est ça, l’angle de mon article.

Voilà comment on explique aux voyageurs le chemin pour l’aéroport:

Je questionne des passagers et des employés, qui me regardent comme un extra-terrestre. Ils se demandent bien en quoi leur aéroport, et à fortiori la gare de leur aéroport peut intéresser des français. Je suis pris d’un léger doute; quelque part, leur perplexité est justifiée, je trouve.

Le quai. Au fond, Lübeck sous le soleil

Le temps de prendre un café et un croissant au lounge de l’aéroport, mon train arrive. La ville de Lübeck semble plus jolie que son aéroport international. Dommage, je n’ai que vingt minutes pour m’y balader avant mon prochain train, pour la prochaine ville. Une grande ville.

C’est la première fois que j’y vais. Je récapitule les infos qui traînent en ordre dispersé dans ma tête, façon Julien Lepers.

« Top je suis la deuxième ville d’Allemagne, peuplée d’environ 1,8 million d’habitants. Sérieusement ravagée en 1943 par les bombes incendiaires de « l’opération Gomorrhe », mon nom n’a rien à voir avec le plat traditionnel américain. Grande ville portuaire, mon célèbre quartier rouge « la Reeperbahn » comprend une rue interdite aux femmes, hormis celles de mauvaise vie qui y travaillent, et ce dans l’Allemagne supposément féministe. Ville-État, dont l’exceptionnelle pluviométrie relègue Paris au rang de station balnéaire… je suis, je suis… »

Hambourg. le Port.

Les villes, c’est comme les gens. Avec certains, le courant ne passe pas lors du premier contact, avec d’autres, on est plus distant, plus dans l’expectative. Et puis il y en a avec qui, en cinq minutes, on sent les énergies converger et on qu’on va être amis pour la vie. Voilà, avec Hambourg c’était comme ça. Un sentiment diffus, qu’il y a quelque chose à vivre, ici, un jour.

Dans le train bondé pour Brême, coincé entre une famille turque à marmots braillants et un groupe d’erasmus espagnols, je me promets d’y retourner cette année.

J’ai passé une journée à Brême il y a quinze ans, lors d’un échange linguistique dans la ville voisine d’Osnabrück. Je n’avais pas été particulièrement impressionné par la qualité de l’architecture de la cité hanséatique. En effet, il n’y a pas de quoi. Je me souviens surtout que j’avais bien aimé les trams, partout. J’ai toujours bien aimé les trams. Ironie du sort, c’est précisément pour en photographier que je suis là, à 11h25 ce samedi matin, seul, et non au bar25 avec mes copains. Voilà, ça fait sept lignes sur Brême. Difficile d’en dire davantage.

Brême, le tramway pour l’aéroport

Après avoir dégusté de succulentes Penne Bolognese à 6€ au buffet de la gare, je saute dans le prochain train, direction Osnabrück, Münster, puis la Ruhr. Le RE 4465 file à travers la campagne Bas-Saxonne; des bois, des champs et des fermes, c’est joliment champêtre. Je me dis que les allemands sont quand même très forts. En effet, à coté des éoliennes omniprésentes, la plupart des fermes de cette région rurale sont équipées de panneaux solaires. Bienvenue au 21ème siècle! Je pense aux agriculteurs de « chez moi » dans le Loir-et-Cher. C’est pas demain la veille qu’ils installeront des panneaux solaires sur leur toit. L’Allemagne a cru aux énergies renouvelables il y a vingt ans, alors qu’en France on faisait des blagues sur l’écologie, et qu’on continue à en faire (Jean-Louis Borloo). Aujourd’hui, les allemands exportent dans le monde entier pour 980 milliards (!) par an,  en particulier leurs technologies vertes. En France, on vend (enfin on essaye) des centrales nucléaires à la Libye d’une main et on colmate Tricastin de l’autre. Cherchez l’erreur.

J’arrive à Münster, « la ville la plus vivable du monde » d’après une étude, connue non pas pour son fromage mais pour son goût du vélo (300 000 bicyclettes pour 270 000 habitants). Je fais un petit bilan. Ça fait neuf heures que je suis parti, j’ai parcouru près de 700 km et je m’apprête à prendre mon onzième train régional. Étrangement, ce voyage n’a rien d’ennuyeux. Avec toutes ces étapes, le temps passe très vite. Et puis regarder le paysage défiler avec la musique dans les oreilles, ça donne l’illusion saisissante d’être dans un film. C’est un peu l’aventure, comme dans l’excellent « Darjeeling Limited ».

Enfin presque. Ça reste quand même l’Allemagne, tous les trains sont partis pile à l’heure et aucun ne s’est perdu au milieu du désert.

Avec les TGV et autres avions long-courrier, on a peut-être oublié le coté délicieusement aléatoire du voyage. On monte dans un avion à Charles-de-Gaulle, on boit un verre de mauvais vin rouge, on ferme les yeux et quand on les rouvre on est à Pékin ou à Los Angeles. Et on a pas connu Hagenow Land.

Je révasse à un prochain voyage en Asie… Je prends l’Orient-Express jusqu’à Moscou, puis un autre train jusqu’à la mer Caspienne, que je traverse sur un bateau de pêcheur. Arrivé à Turkmenbashi, je loue une vieille Lada pour aller jusqu’à la frontière ouzbèque, où, faute de route je dois acheter un cheval pour rejoindre Duchanbé, au Tadjikistan. Après un arrêt chez le barbier, je revends mon étalon sur un marché et fais du stop jusqu’à l’aéroport. En attendant mon vol, je bois dix vodkas avec un vieux russe nostalgique du communisme, lequel s’avère être le pilote du Tupolev rouillé qui doit m’emmener vers Bangkok. Mais, à court de carburant, celui-ci se pose en catastrophe dans le nord de la Birmanie. Il me faut alors traverser la frontière chinoise clandestinement, déguisé en paysan. Arrivé exténué à Kunming, après six jours de marche à travers le Yunnan, je passe une quelques jours au Sheraton. Au bar, je rencontre Tracey Woods, une businesswoman américaine que je soupçonne de travailler pour la CIA. Nous vivons une courte, mais intense passion. Dans l’avion qui m’emmène à Hong Kong, je me retrouve par hasard assis à coté un ami d’enfance, dont le père est Consul de France à Hongkong. Il m’invite à une réception le soir même, l’occasion de constater que rochers Ferrero et vodka-martini se marient à la perfection…

Duchanbé

Je suis dans le train pour Essen. Il y fait un peu froid à cause de la climatisation. D’après les cours de géographie de seconde, je m’apprête à pénétrer dans une énigmatique banane bleue

Mesdames et Messieurs, bonsoir

dimanche 22 juin 2008

Les français devraient arrêter de donner des leçons de démocratie au reste du monde.

Dans une démocratie, il y a les institutions, les élections, bref le fondement du truc. Et puis il y a les usages, au moins aussi importants. Parmi ces usages, il y a la liberté de la presse, et son indépendance face au politique.

Ca marche très bien dans la plupart des démocraties, mais en France, on a du mal.

En France donc, en 2008, le Président de la République est soupçonné d’avoir influencé un choix d’importance sur un média d’importance. C’est simple comme un coup de fil à l’ami intime par ailleurs propriétaire du dit-média. Honnêtement, je ne sais pas si il l’a réellement fait. Même le « Canard Enchaîné » enfile des gants dans son édition du 11 juin, « Tel semble bien être le cas » peut-on lire, tandis que la Frankfurter Allgemeine Zeitung affirme « Diese Version ist mehr als ein Gerücht » – « Cette version des faits est plus qu’une rumeur ».

En fait, c’est déjà grave en soi qu’on puisse penser que le chef de l’Etat a accéléré la fin de carrière d’un journaliste. Bien sûr, l’Elysée crie au complot, se dit victime des sales plumes du Canard et clame n’être pour rien dans l’éviction de Patrick Poivre d’Arvor du journal télévisé de la première chaîne de France. Mais pourquoi, même si c’est faux, le soupçonne t-on si fort ?

Une réponse : Alain Genestar, ex redac-chef de Paris Match, viré pour sa une indiscrète sur l’ex femme du Président. Le même Genestar revient sur cette une histoire dans son livre « Expulsion », et conclut que si c’était à refaire, il ne recommencerait pas (j’implore votre pardon, Ô Seigneur…). Encore plus fort que la censure, l’autocensure ! Dormez sur vos deux oreilles amis français, la liberté de la presse progresse…

Le fait est, il y a un précédent avéré, et sûrement d’autres encore. Qui vole un œuf, vole un bœuf dit-on. Avec un tel passif, prendre un air offusqué quand on est accusé de tripatouillage médiatique, c’est presque de la mauvaise foi.

rentrée, justice, bundesliga, justice, photo

lundi 20 août 2007

C’est la rentrée.

J’ai décidé ce matin que c’était la rentrée. Je me suis levé à 8h, alors que la veille à cette heure, je dansais encore. Je me suis assis à mon bureau. J’ai commencé à régler des trucs que je laissais traîner depuis trop longtemps. J’ai plein de projets pour cette nouvelle saison (La 26ème saison déjà!), il faut que je sois prêt pour le lancement officiel, le 20 septembre.

J’ai la motive. Aussi parce que ce genre de mails se multiplient, et parfois, ça me fait flipper.

ingosson.png

Pour Vu d’ici aussi, c’est la rentrée. Ce blog va devenir plus mieux. Je vais y consacrer trois matinées par semaines. promis

 

Exploitation politique du faits divers, la nouvelle donne

Dernier exemple en date, la Garde des Sceaux Rachida Dati. En visite dans le Nord, elle a rencontré la famille du petit Enis, malheureuse victime d’un pédophile, à qui elle « apporté son soutien ». Elle s’est également rendue au tribunal de Grande Instance de Lille pour rencontrer les différents acteurs impliqués dans la libération du garçon. Mais la ministre n’était pas seule. Les journalistes avaient également été conviés à la fête. Ce qui a un peu surpris certains.

« Le chauffeur de taxi, un des témoins qui a permis de retrouver Enis et son agresseur présumé, s’est déclaré «relativement surpris» de l’invitation à rencontrer la ministre. «C’est beaucoup de reconnaissance, je n’ai pas fait ça (témoigner, ndlr) pour passer devant les caméras», a-t-il ajouté. » (AFP)

La Ministre, soucieuse de la santé mentale de l’enfant et de la famille, a précisé qu’il fallait réfléchir à la manière d’«éviter une sur-exposition notamment médiatique (à cet enfant, ndlr) qui pourrait aggraver un traumatisme psychologique». (AFP)

Peut-être que Rachida Dati pourrait commencer par ne pas faire de tapage médiatique autour de son déplacement à Lille?

J’ai lu pas mal d’articles de la presse française sur ce déplacement qui mentionnaient cette phrase. Apparament, il n’y a que moi que cette contradiction choque.

 

 

« Rieséry », la nouvelle coqueluche du foot allemand

Samedi après-midi, avec Daniel, nous avons fait comme beaucoup de jeunes hips de Prenzlauer Berg. On est allés regarder la Bundesliga dans un bar branché. Parce que ici, c’est normal de regarder le foot. Je veux dire que ça n’est pas connoté beauf, dans ce pays qui accepte et revendique sa part de culture populaire, à l’inverse d’autres qui l’ignorent et la méprisent superbement (suivez mon regard).

Bref. -si vous ne comprenez rien au foot, vous pouvez zapper les trois prochains paragraphes- Il y avait donc plusieurs matchs en simultané, dont trois affiches. Berlin, désormais entrainé par le Suisse Lucien Fabre, a corrigé le champion d’Allemagne Stuttgart 3 buts à 1 dans un Olympia Stadion archi comble. Cette victoire a fait beaucoup de bien au moral des berlinois. Par ailleurs, dans LE derby d’Allemagne, l’équipe de Gelsenkirchen, Schalke 04, a détruit ses voisins du Borussia Dortumund 4 à 1, avec un Kuranyi qui confirme à la fois sa bonne forme actuelle et son mauvais goût permanent en matière de rasage.

070725211444jm4xphhn1b.jpgEt puis, il y a eu le match de Franck Ribéry sur la pelouse du Werder de Brême. Ribéry a beau être parfois complètement stupide et absolument ridicule (voir ci-contre), ce mec là est le meilleur transfert de l’année en Europe, à mettre à l’actif du Bayern Munich. Il a bluffé tout le monde. Ce bonhomme là te mets une de ces paniques dans une surface, c’est fou comme il est imprévisible. Hop, vidéo (je crois que c’est en portugais)

C’est lui qui est au départ de l’action qui amène au penalty qu’il transformera quelques instants plus tard. Après un deuxième but plein de sang froid de Luca Toni, Ribery réalise l’action qui passe en boucle sur toutes les télés depuis deux jours. Ce contrôle suivi d’une relance millimétrée ont fait rentrer l’ancien marseillais dans la légende du foot allemand. Le quatrième but, un truc d’extra-terrestre est l’oeuvre d’Andreas Ottl. 4-0, score final. Avec cette victoire nette face à un concurrent direct, le Bayern met les pendules à l’heure. Ribéry, Toni, Klose… Ils n’ont pas dépensé 70 millions d’euros sur le marché des tranferts pour finir deuxièmes du championnat. Ils vont le remporter, avec au moins 10 points d’avance sur le suivant, et avec la Coupe de l’UEFA en prime. Et l’année prochaine, gare à ceux qui auront le malheur d’être tirés au sort en ligue des champions face à eux. Qu’on se le dise: le Grand Bayern est de retour.

 

Transferts: JUSTICE sur les tablettes d’Universal Music Group?

oups non c’est plus du foot, c’est du business de la musique

 

Justice aurait « apparamment » signé chez Universal Music. Contacté par Vu d’ici, La filiale de Vivendi n’était pas en mesure de confirmer ni d’infirmer (oui et alors je me la pète si je veux ok!). Tout part de ce commentaire laissé par Busy P alias Pedro Winter, le fondateur de leur label Ed Banger Records, sur myspace.

367.jpg

Bref, si cela se confirme, apprêtez vous à manger du Justice au petit-dej, au déjeuner, au goûter et au dîner pendant les prochains mois. J’aime pas les majors. Ils font du mal à la musique.

 

Expo photo de Berlin à Marseille

« Finissage » (je connaissais pas ce terme) ce vendredi de l’expo de Bertand St-Guilhem.

Allez y, ce mec a vraiment du talent

expo_hufeland_fini_24_08.jpg

 

 

Actualités? Sport? People?

vendredi 3 août 2007

sarkozy people

Mais mais… Mais on s’en fout!

autre réponse possible, dans le style ado cyberpotache:

dtc

pas mieux, le compte est bon

« L’accident en Isère ne sera pas sans conséquences »

lundi 23 juillet 2007

La réaction du gouvernement au tragique accident de car servenu le week end dernier en Isère aura été immédiate. A peine le premier bilan publié, François Fillon, Jean-Louis Borloo et l’inévitable Nicolas Sarkozy étaient sur le pont, et enchaînaient avec force les déclarations. Ma préférée est de de notre Président: « l’accident en Isère ne sera pas sans conséquences ».

 Ah oui. Sans blagues? Alors en lisant le titre de cette dépêche, j’ai eu envie de dire à Nicolas Sarkozy et à Henri Guaino (C’est lui qui est derrière tout ca)  que c’était bon; que les français avaient bien compris qu’il était sur tous les fronts, qu’il ne prenait pas de vacances, qu’il s’impliquait dans tout. Enfin oui quoi, le message est passé. On sait Nico, t’es partout, tu fais une rupture radicale acec Chirac qui donnait l’impression d’être un dilletante. Pas besoin d’en mettre des couches, surtout pas par un simple fait divers.

Parce qu’au fond, aussi tragique que soit cet accident, cela reste un fait divers. Sans vouloir faire le fataliste, on ne peut pas et on ne pourra jamais empêcher les cars de se planter de temps en temps dans des routes de montagne.

« Ca ne va pas rester sans conséquences ». Oui ben quoi? On va raser les Alpes pour rendre les routes dans le coin moins dangereuses? On va ressortir du placard le ruineux projet de massacre écologique d’autoroute A51 entre Grenoble et Marseille? Ben non, on va rien faire ou presque, parce que parfois, tu vois Nico, il n’y a rien à faire.

Et parfois aussi, il vaut mieux ne pas trop en dire, parce que cela pourrait donner l’impression (fausse, ça va de soi) que l’on cherche à utiliser un événement tragique pour faire sa com. Mais tu ne ferais pas ça, hein Nico?

La belle photo!

vendredi 15 juin 2007

Lui: « Bon elle est pas si moche quand même. Et puis c’était juste une nuit »

Elle: « Er ist noch mehr bescheuert als Chirac. Ein Bier und er ist schon total besoffen. Verdammte Franzosen! »*

Angela Merkel et Sarkozy besoffen

* Merde, il est encore plus relou que Chirac. Une bière et ca y est il est parti. Putain de français!

Notre président, Nicolas Sarkozy

lundi 11 juin 2007

Comme le dirait Danny, il est rond comme une queue de pelle

Non sérieux, ne me dites pas qu’il n’est pas complètement bourré là.

Vert-Orange

dimanche 10 juin 2007

J’ai voté Vert. Ben oui, c’est ballot mais j’ai pas de candidat MoDem dans ma circonscription. Il n’y a que l’ex-RPR ex-UDF Nouveau Centre Nicolas Perruchot, l’un des 22 salopards, qui roule pour la majorité présidentielle. Et comme je l’ai déjà expliqué ici, je ne voterai pas pour un traître. Et je lui souhaite même de se planter bien comme il faut. Bon, vu le profil moyennement révolutionnaire des électeurs du Loir-et-Cher, je n’y crois pas tellement. J’aimerais tant que la traitrise politique devienne disqualificative aux yeux des électeurs. Que l’on cesse de glorifier le calcul pour lui préférer la fidélité à des valeurs. Le seul positionnement qui vaille est absolu et non relatif. Les idées plutôt que le maroquin. Oui, je suis et reste un idéaliste dans mon pragmatisme, comme dirait l’autre. Donc vert,  par dépit, un peu par pitié, pour ne pas voter une nouvelle fois blanc. Je ne sais même plus comment s’appelle la candidate, Catherine Machin-Truc.

La dernière purge chez les bayrouistes, avec le départ de gens comme Perruchot est plutôt bénéfique à la fin. Il appartient à ce centre maso qui depuis 30 ans se fait enfler alternativement par la droite puis par la gauche. Il y en a que ça ne gêne pas pour marcher apparament. Le pataquès qu’ils ont cherché à faire avec leur ralliement à Sarkozy ne les a menés nulle part. Santini, Blanc, Perruchot, Leroy n’ont obtenu aucun portefeuille. Il n’y a qu’Hervé Morin, qui sera renvoyé à la défense d’Evreux au plus tard après les municipales. 

Là dessus, la démarche de Bayrou est d’imposer un centre politiquement fort en France. Quoi qu’il lui en coûte. Dans le fond, il a raison. L’Europe est majoritairement au centre. La France fait partie de l’Europe, donc elle est au centre aussi. Mêmes modèles économiques, mêmes modes de vie, l’exception politique française de la bipolarité et des clivages extrêmes n’est qu’un mythe. Il ne survit que par le nombrilisme tricolore, allié à une certaine arrogance, cette impression que notre système politique est, quelquepart, le meilleur. C’est une profonde erreur.

Donc dans l’immédiat, on va se prendre une belle raclée dimanche prochain. Bayrou et Lassalle vont être réélus, peut-être Cavada et Comparini aussi. Ca fait maigre en nombre de députés pour le jeune MoDem. François Bayrou ne semble pas avoir peur de la traversée du désert, qui durera jusqu’aux municipales. Puis il y aura les européennes, les régionales, avec un mode de scrutin plus favorable. Et en 2012, déjà, la présidentielle. C’est à la fois long et court, cinq ans. Avec peu de visibilité politique et sous-représenté au parlement, ce sera aux dizaines de milliers de nouveaux adhérents du MoDem de faire vivre ce mouvement pour un renouvellement de la vie politique. S’engager activement quoi.

Moi j’y suis prêt.

MoDem haut-débit

mercredi 16 mai 2007

Bayrou et l’Internet, une histoire d’@mour

logo_modem.jpg60 000 pré-adhésions en huit jours! Le Mouvement Démocrate, MoDem pour les intimes, est en train de réaliser un tour de force: compenser la triste désertion de ses élus par un soutien massif venu de la base. Finalement, François Bayrou réussit en restant sur le même crédo que pendant toute sa campagne: s’adresser directement aux électeurs et non aux appareils. Le béarnais utilise pour cela deux moyens de communication. D’une part la presse quotidienne régionale, seul média non-parisien, qui s’affranchit ainsi de certaines pressions et ancrages idéologiques. La PQR, méprisée par beaucoup dans la sphère parisienne a pourtant une audience bien plus large que les titres nationaux. Le quotidien le plus vendu en France (Après L’Equipe!) n’est pas Le Monde mais Ouest-France avec plus de 800 000 exemplaires imprimés. La PQR est lue chaque jour par un français sur trois. Mais c’est un média du passé.

« LE » média, c’est évidemment l’Internet. Bayrou a été le premier à le piger, et il est le seul à l’avoir pigé par lui même, sans qu’un Loïc le Meur lui souflle à l’oreille : « Eh, au fait il y a un outil révolutionnire, ça marche avec des ordinateurs, ça s’appelle l’Internet ». Il l’avoue y passer trois heures chaque jour. Il s’inspire de ce qu’il y trouve, et notammnent de son interactivité, n’hésite pas à poster des commentaires lui même sur les blogs. « Tout ça va changer le monde. Je suis absolument pénétré de cette idée. » affirme t-il. Internet est indissociable de la montée en puissance du candidat Bayrou. Son explosion de janvier dans les sondages, au moment où la France entière commence à se rendre compte qu’il est une alternative crédible, ne fait que suivre une une onde sismique demarrée quelques mois auparavant. Pas lorsqu’il invective Claire Chazal en plein 20h en dénonçant la collusion du pouvoir et des grands groupes aéronautico-médiatiques du BTP. Non, Bayrou est devenu le chouchou d’Internet le 21 octobre 2006. Ce jour là, il accorde une interview de trois heures à des blogueurs du politic show. Du jamais vu en politique! La télé est obligée de formater et la diffusion une interview si longue est inconcevable ailleurs que sur internet. Or il se trouve qu’au cours de cette interview Bayrou a été bon, très bon même. Il a su convaincre et montrer ses atouts, ceux là même qui le propulseront troisième homme le 22 avril 2007: courage, franchise, combativité, conception saine du pouvoir et surtout authenticité. Les internautes ont su détecter avant le reste de la société que François Bayrou était mûr pour la fonction. Au fond, l’élément le plus vendeur chez Bayrou, c’est Bayrou lui même. Sa personnalité compte pour beaucoup dans ses 18,5%, probablement davantage que ses (pro)positions politiques. Quelquepart c’est dommage, d’ailleurs.

Plus que d’avoir séduit les internautes politisés, qui sont encore groupusculaires, l’élément fondamental est que Bayrou a en partie façonné sa manière de communiquer en suivant les « codes » du web. Sur Internet, on ne peut pas mentir, maquiller, tronquer. On doit jouer franc-jeu. Les internautes exècrent les manipulations du genre NSTV (voir la visite de Sarkozy en banlieue ici puis ici). Ca, c’était pour la bonne vieille télé de papa. On la leur fait pas à l’envers, aux internautes. Ils réagissent sans détours dans la seconde où ils sentent qu’on les prend pour des idiots. Bayrou a beaucoup appris avec cette nouvelle règle du jeu. Ca lui a servi par la suite à parler différement à cette France qui n’est pas stupide, la France qui veut dialoguer, la France qui veut qu’on écoute ses solutions et pas uniquement ses problèmes. En cela, François Bayrou et Ségolène Royal se rapprochent, la force de caractère faisant la différence. L’outil Internet permet ce qui n’a jamais été possible avant.

Aujourd’hui, Bayrou est à 4000 mètres d’altitude. Il marche à cloche-pied sur une crête bordée de part et d’autre de ravins, le tout balayé par des vents violents. Les Cassandre le voient déjà au fond d’une crevasse. Pourtant, il sait où il va le bonhomme. Jonathan et Jennifer sont les meilleurs amis de cet amoureux du risque politique, qui prouve qu’il est conséquent en s’exposant à une nouvelle traversée du désert. Mais il s’en moque Bayrou, il est connecté en haut-débit et il a une vision, un « Ziel ». Et c’est peut-être pour cela qu’il ne chutera pas dans le ravin le 17 juin prochain.

 

Pré adhésion au MoDem

La France, par The Economist

mardi 15 mai 2007

Le newsmag lib-lib anglais publie cette semaine ce dessin.

Ca résume bien comment la France est perçue hors de son nombril, et c’est caustique.

J’aime bien la troisième image.

La France The Economist

cliquer sur l’image pour agrandir

http://www.economist.com/index.html

Les rats…

mercredi 9 mai 2007

 

-Casquette de militant: ON

Ce matin, 23 élus proches de François Bayrou annoncent dans le Figaro qu’il soutiendront la nouvelle majorité présidentielle autour de l’UMP, désavouant ainsi leur leader. Des gens très compétents que j’ai admiré en font partie. C’est évidemment décevant. Parce que je me suis engagé en politique avec l’idéalisme -et peut-être la naïveté- que procure la jeunesse. Parce que pour moi, la fidélité doit être une valeur centrale de l’engagement politique, bien avant la carrière. C’est essentiel. Probablement que je n’irai nulle part avec cette satanée morale. Mais si je perds mes idéaux, je ne vois plus l’intêret même de faire de la politique.

Donc ces 22 députés ont eu peur. Peur de perdre leur fauteuil. Et cette peur leur a fait trahir un idéal auxquel ils ont cru, une vision, un homme et pour certains, un ami. Et moi qui pensait que les rats avaient tous quitté le navire en 2002 à la création de l’UMP. Comme dit Anne-Marie Comparini, une qui est restée fidèle, une qui n’a pas trahi, et sans doute pour soulager sa propre nausée, « le parti ne se réduit pas, il s’épure ». Mon premier sentiment, en découvrant ce matin un par un les noms de ceux qui étaient en train de trahir un idéal auxquel ils ont cru, une vision, un homme et pour certains, un ami (je le répète car c’est terrible) fût évidemment le dégout. L’envie de rejeter la politique dans son ensemble. C’est vrai qu’il faut être fou pour s’engager en politique. Tant d’efforts pour si peu de reconnaissance. Tant d’énergie pour être confronté à des personnes à la morale approximative prêts à trahir un idéal auxquel ils ont cru, une vision, un homme et pour certains, un ami (oui, une troisième fois).

Mais voilà, qui peut faire évoluer cette façon détestable de faire de la politique si ce n’est nous? Oui, nous, la nouvelle génération, qui vomit ces méthodes indignes. Ces individus de valeur autour de moi qui depuis dimanche me disent qu’ils veulent prendre leur carte au Mouvement Démocrate, pour que cela change. Ces personnes qui se sont tenues à distance de la politique et qui soudainement se sentent responsables et motivées, qui croient à la sincérité de François Bayrou lorsqu’il affirme vouloir faire de la politique autrement.

Le courage est important en politique. François Bayrou n’en manque pas. C’est un visionnaire. Les éditorialistes et commentateurs de tout poil parlent de suicide et de mort politique assurée pour François Bayrou. Ceux là devraient relire les papiers qu’ils ont écrit en 2002, lorsque l’UMP a gobé 90% de l’UDF. Ils prédisaient à l’époque la même chose qu’aujourd’hui, avec davantage de mépris encore. Le résultat? Le béarnais est passé en cinq ans de 6,84% à 18,57% après pourtant avoir été passé au kärcher par la cellule « Anti-Bayrou » montée par l’UMP pendant la campagne. Il a parlé aux Français et non aux appareils. Il s’est refusé à débaucher des personalités au PS au moment où celui-ci était en plein doute. Il a été conséquent, dénonçant des pratiques d’un autre âge et en les refusant dans les faits.

Cela a été payant. Des dizaines de millions de Français l’ont entendu, sept millions lui on apporté leur confiance, leur espoir. Donc oui, il y a de quoi être optimiste. Vive la fidélité, Vive l’idéalisme et Vive le Mouvement Démocrate!

cliquez ici pour une pré-adhésion au Mouvement Démocrate (gratuit)

-Casquette de militant: OFF

Sommes nous Français? Une soirée électorale à Berlin.

lundi 7 mai 2007

 6 mai 2007, soirée électorale. Je suis surpris par l’affluence en dépit du manque de suspense. L’élection est pliée depuis bien longtemps, mais plus de 400 personnes s’entassent au Dr Pong pour assister au sacre de Sarko Ier. La majorité des personnes présentes n’a pas voté pour le nouveau président. A Berlin, Ségolène Royal a été confortablement élue avec 72%. En tant qu’organisateur de la soirée, je cours partout, je sers des mains, je fais des bises, j’échange des coordonnées, je parle avec tout le monde. Je me rend compte une nouvelle fois que je connais pas mal de français à Berlin, beaucoup plus que d’allemands, malheureusement. A 19h45, une centaine de jeunes français sont massés sur le trottoir devant le bar bondé, il n’est plus possible d’entrer. Oliver, le propriétaire américain, doit même aller se chercher une bière chez l’asiatique à coté tant les entrées sont bouchées.

Tout le monde connait le résultat, et dans les conversations l’élection passe vite au second plan. On jouit de notre chance d’être à Berlin, « probablement une des meilleures villes pour vivre en Europe aujourd’hui ». Il y a parmi ces jeunes expats et autres erasmus un sentiment étrange par rapport à la France. C’est notre pays, et donc quelquechose qui nous rassemble. Mais il y a aussi l’impression d’être un étranger dans son propre pays. La sociologie des Français de l’étranger mériterait d’être étudiée! Nous avons un rapport très particulier à la mère patrie. Nous sommes fondamentalement différents de ceux qui ne sont jamais partis. Nos expériences, nos réalités et nos références sont différentes. Il y a des choses bien franchouillardes qui ne nous corrspondent plus. Et bien évidemment, lorsque Nicolas Sarkozy dans son discours parle d’identité nationale, tout le monde ici le siffle copieusement. Pour nous le concept même de « l’identité nationale » n’a absolument aucun sens. Parce que nous avons pris un peu des différents pays où nous avons vécu. Je me sens définitivement un peu Suisse, un peu Allemand, très Européen. Par contre, après bientôt sept ans hors de France, je me sens de moins en moins français, même si quelque part je le serai toujours. Sentiment mitigé d’appartenance.

Nous décidons de noyer notre incertitude patriotique dans une boisson toute germanique. Je ne comprend pas cette France qui a porté Nicolas Sarkozy à sa tête, mais je ne veux plus y penser. J’ai envie de danser. DJ Wahlkampf aux platines passe du Gainsbourg – Aux Armes etc… et du NTM – Qu’est ce qu’on attend pour foutre le feu?.  De la musique bien de chez nous. Mais c’est où déjà, chez nous?

La PSte ou le Sarkoléra 1/2

dimanche 6 mai 2007

 Difficile de choisir. En tant que convaincu de la vision de François Bayrou pour la France (je sais, ca fait quasi-spirituel) et persuadé que tant sur le fond que sur la forme, sa méthode était la seule qui avait des chances de fonctionner, je suis comme beaucoup désarçonné par le choix proposé.

Trois options s’offrent à moi: Voter Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal ou blanc.

La première est exclue d’avance depuis longtemps, pour tout un chapelet de raisons. Son manque de respect pour un des pilliers de la démocratie, à savoir la liberté de la presse est une raison qui sufit à elle seule pour ne jamais voter pour lui. J’ajoute son ambition sans borne et l’absence de scrupules dont il est prêt à faire preuve pour arriver à son unique but, le pouvoir. Il en a une conception absolue, monarchique. Il n’est pas le seul en France, mais j’ai toujours considéré que de vouloir avoir le pouvoir sur (domination des autres) relevait de la pure folie, tandis que celle d’avoir le pouvoir de (pouvoir de l’action) était saine.

On élit un Homme, donc sa personnalité avec, n’en déplaise à mes amis de l’UMP qui déplorent que ce thème prime sur son programme. Sans doute parce qu’il est bien ardu de le défendre sur ce point.

Son programme comprend d’ailleurs de nombreux points qui me bloquent. Il a à mon sens une perception biaisée de ce qu’est la France. Il tend à créer des catégories de Français et à indirectement les placer en opposition. « La France qui se lève tôt » en est un exemple éloquent. Immédiatement, je me suis senti personnellement appartenir à « la France qui se couche tard ». Il est complètement à coté de la plaque (et il n’est pas seul d’ailleurs) sur la cruciale question des banlieues. Mauvais diagnostic, car partiel et idéologique. Donc mauvaises solutions. Et mauvais style par dessus. Echec sur toute la ligne en prévision.

Il y a certes des éléments de son programme économique qui parlent à l’alter-libéral que je suis. Mais encore faut-il être en mesure de les appliquer. Les Français sont des frondeurs et ne se laisseront pas diriger à coup de 49.3. A t-on déjà oublié les malheurs de Juppé en 1995? Au bout de combien de jours de grève Sarkozy et Fillon devront-ils reculer cet automne quand la France sera dans la rue?

Donc Exit Sarkozy.

A suivre…