Archive for the ‘Militance orange’ Category

Vert-Orange

dimanche 10 juin 2007

J’ai voté Vert. Ben oui, c’est ballot mais j’ai pas de candidat MoDem dans ma circonscription. Il n’y a que l’ex-RPR ex-UDF Nouveau Centre Nicolas Perruchot, l’un des 22 salopards, qui roule pour la majorité présidentielle. Et comme je l’ai déjà expliqué ici, je ne voterai pas pour un traître. Et je lui souhaite même de se planter bien comme il faut. Bon, vu le profil moyennement révolutionnaire des électeurs du Loir-et-Cher, je n’y crois pas tellement. J’aimerais tant que la traitrise politique devienne disqualificative aux yeux des électeurs. Que l’on cesse de glorifier le calcul pour lui préférer la fidélité à des valeurs. Le seul positionnement qui vaille est absolu et non relatif. Les idées plutôt que le maroquin. Oui, je suis et reste un idéaliste dans mon pragmatisme, comme dirait l’autre. Donc vert,  par dépit, un peu par pitié, pour ne pas voter une nouvelle fois blanc. Je ne sais même plus comment s’appelle la candidate, Catherine Machin-Truc.

La dernière purge chez les bayrouistes, avec le départ de gens comme Perruchot est plutôt bénéfique à la fin. Il appartient à ce centre maso qui depuis 30 ans se fait enfler alternativement par la droite puis par la gauche. Il y en a que ça ne gêne pas pour marcher apparament. Le pataquès qu’ils ont cherché à faire avec leur ralliement à Sarkozy ne les a menés nulle part. Santini, Blanc, Perruchot, Leroy n’ont obtenu aucun portefeuille. Il n’y a qu’Hervé Morin, qui sera renvoyé à la défense d’Evreux au plus tard après les municipales. 

Là dessus, la démarche de Bayrou est d’imposer un centre politiquement fort en France. Quoi qu’il lui en coûte. Dans le fond, il a raison. L’Europe est majoritairement au centre. La France fait partie de l’Europe, donc elle est au centre aussi. Mêmes modèles économiques, mêmes modes de vie, l’exception politique française de la bipolarité et des clivages extrêmes n’est qu’un mythe. Il ne survit que par le nombrilisme tricolore, allié à une certaine arrogance, cette impression que notre système politique est, quelquepart, le meilleur. C’est une profonde erreur.

Donc dans l’immédiat, on va se prendre une belle raclée dimanche prochain. Bayrou et Lassalle vont être réélus, peut-être Cavada et Comparini aussi. Ca fait maigre en nombre de députés pour le jeune MoDem. François Bayrou ne semble pas avoir peur de la traversée du désert, qui durera jusqu’aux municipales. Puis il y aura les européennes, les régionales, avec un mode de scrutin plus favorable. Et en 2012, déjà, la présidentielle. C’est à la fois long et court, cinq ans. Avec peu de visibilité politique et sous-représenté au parlement, ce sera aux dizaines de milliers de nouveaux adhérents du MoDem de faire vivre ce mouvement pour un renouvellement de la vie politique. S’engager activement quoi.

Moi j’y suis prêt.

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Nouveau Centre, anciens traîtres.

lundi 21 mai 2007

asseenontv.jpg Les députés ex-bayrouistes devenus par enchantement sarkozystes dans la nuit du 6 au 7 mai 2007, ont annoncé ce dimanche la création du « Nouveau Centre ». Comment? Encore un centre? Mais à ce rythme, on aura bientôt davantage de partis au centre qu’à l’extrème gauche! Alors la question qui évidemment est sur toutes les lèvres: qu’y a t-il de nouveau dans ce nouveau centre flambant neuf qui vient de sortir?

Et bien, il s’inscrit dans la majorité présidentielle UMP, comme feu l’UDF d’avant 2004. Ce sont les mêmes députés, comme en 2002. Dans les mêmes circonscriptions. La nouveauté sent un peu le vieux tout de même. Ah si attendez, il y a un truc de nouveau et qui caractérise les candidats du nouvel-ancien centre: ils ont tous trahi pour ne risquer de perder leur siège. Mention spéciale à Maurice Leroy, qui pourrait ouvrir sa boite de conseil en traîtrise et en retournement de veste. Les électeurs pris de court par tant de « nouveauté » seraient bien inspirés de leur faire payer leur « courage ». Pourtant ça n’arrivera probablement pas et ils seront sûrement réélus. La morale de l’histoire, c’est qu’il n’y en a pas, de morale, en politique.

 Philippe de Berlin, un peu amer 

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MoDem haut-débit

mercredi 16 mai 2007

Bayrou et l’Internet, une histoire d’@mour

logo_modem.jpg60 000 pré-adhésions en huit jours! Le Mouvement Démocrate, MoDem pour les intimes, est en train de réaliser un tour de force: compenser la triste désertion de ses élus par un soutien massif venu de la base. Finalement, François Bayrou réussit en restant sur le même crédo que pendant toute sa campagne: s’adresser directement aux électeurs et non aux appareils. Le béarnais utilise pour cela deux moyens de communication. D’une part la presse quotidienne régionale, seul média non-parisien, qui s’affranchit ainsi de certaines pressions et ancrages idéologiques. La PQR, méprisée par beaucoup dans la sphère parisienne a pourtant une audience bien plus large que les titres nationaux. Le quotidien le plus vendu en France (Après L’Equipe!) n’est pas Le Monde mais Ouest-France avec plus de 800 000 exemplaires imprimés. La PQR est lue chaque jour par un français sur trois. Mais c’est un média du passé.

« LE » média, c’est évidemment l’Internet. Bayrou a été le premier à le piger, et il est le seul à l’avoir pigé par lui même, sans qu’un Loïc le Meur lui souflle à l’oreille : « Eh, au fait il y a un outil révolutionnire, ça marche avec des ordinateurs, ça s’appelle l’Internet ». Il l’avoue y passer trois heures chaque jour. Il s’inspire de ce qu’il y trouve, et notammnent de son interactivité, n’hésite pas à poster des commentaires lui même sur les blogs. « Tout ça va changer le monde. Je suis absolument pénétré de cette idée. » affirme t-il. Internet est indissociable de la montée en puissance du candidat Bayrou. Son explosion de janvier dans les sondages, au moment où la France entière commence à se rendre compte qu’il est une alternative crédible, ne fait que suivre une une onde sismique demarrée quelques mois auparavant. Pas lorsqu’il invective Claire Chazal en plein 20h en dénonçant la collusion du pouvoir et des grands groupes aéronautico-médiatiques du BTP. Non, Bayrou est devenu le chouchou d’Internet le 21 octobre 2006. Ce jour là, il accorde une interview de trois heures à des blogueurs du politic show. Du jamais vu en politique! La télé est obligée de formater et la diffusion une interview si longue est inconcevable ailleurs que sur internet. Or il se trouve qu’au cours de cette interview Bayrou a été bon, très bon même. Il a su convaincre et montrer ses atouts, ceux là même qui le propulseront troisième homme le 22 avril 2007: courage, franchise, combativité, conception saine du pouvoir et surtout authenticité. Les internautes ont su détecter avant le reste de la société que François Bayrou était mûr pour la fonction. Au fond, l’élément le plus vendeur chez Bayrou, c’est Bayrou lui même. Sa personnalité compte pour beaucoup dans ses 18,5%, probablement davantage que ses (pro)positions politiques. Quelquepart c’est dommage, d’ailleurs.

Plus que d’avoir séduit les internautes politisés, qui sont encore groupusculaires, l’élément fondamental est que Bayrou a en partie façonné sa manière de communiquer en suivant les « codes » du web. Sur Internet, on ne peut pas mentir, maquiller, tronquer. On doit jouer franc-jeu. Les internautes exècrent les manipulations du genre NSTV (voir la visite de Sarkozy en banlieue ici puis ici). Ca, c’était pour la bonne vieille télé de papa. On la leur fait pas à l’envers, aux internautes. Ils réagissent sans détours dans la seconde où ils sentent qu’on les prend pour des idiots. Bayrou a beaucoup appris avec cette nouvelle règle du jeu. Ca lui a servi par la suite à parler différement à cette France qui n’est pas stupide, la France qui veut dialoguer, la France qui veut qu’on écoute ses solutions et pas uniquement ses problèmes. En cela, François Bayrou et Ségolène Royal se rapprochent, la force de caractère faisant la différence. L’outil Internet permet ce qui n’a jamais été possible avant.

Aujourd’hui, Bayrou est à 4000 mètres d’altitude. Il marche à cloche-pied sur une crête bordée de part et d’autre de ravins, le tout balayé par des vents violents. Les Cassandre le voient déjà au fond d’une crevasse. Pourtant, il sait où il va le bonhomme. Jonathan et Jennifer sont les meilleurs amis de cet amoureux du risque politique, qui prouve qu’il est conséquent en s’exposant à une nouvelle traversée du désert. Mais il s’en moque Bayrou, il est connecté en haut-débit et il a une vision, un « Ziel ». Et c’est peut-être pour cela qu’il ne chutera pas dans le ravin le 17 juin prochain.

 

Pré adhésion au MoDem

Les rats…

mercredi 9 mai 2007

 

-Casquette de militant: ON

Ce matin, 23 élus proches de François Bayrou annoncent dans le Figaro qu’il soutiendront la nouvelle majorité présidentielle autour de l’UMP, désavouant ainsi leur leader. Des gens très compétents que j’ai admiré en font partie. C’est évidemment décevant. Parce que je me suis engagé en politique avec l’idéalisme -et peut-être la naïveté- que procure la jeunesse. Parce que pour moi, la fidélité doit être une valeur centrale de l’engagement politique, bien avant la carrière. C’est essentiel. Probablement que je n’irai nulle part avec cette satanée morale. Mais si je perds mes idéaux, je ne vois plus l’intêret même de faire de la politique.

Donc ces 22 députés ont eu peur. Peur de perdre leur fauteuil. Et cette peur leur a fait trahir un idéal auxquel ils ont cru, une vision, un homme et pour certains, un ami. Et moi qui pensait que les rats avaient tous quitté le navire en 2002 à la création de l’UMP. Comme dit Anne-Marie Comparini, une qui est restée fidèle, une qui n’a pas trahi, et sans doute pour soulager sa propre nausée, « le parti ne se réduit pas, il s’épure ». Mon premier sentiment, en découvrant ce matin un par un les noms de ceux qui étaient en train de trahir un idéal auxquel ils ont cru, une vision, un homme et pour certains, un ami (je le répète car c’est terrible) fût évidemment le dégout. L’envie de rejeter la politique dans son ensemble. C’est vrai qu’il faut être fou pour s’engager en politique. Tant d’efforts pour si peu de reconnaissance. Tant d’énergie pour être confronté à des personnes à la morale approximative prêts à trahir un idéal auxquel ils ont cru, une vision, un homme et pour certains, un ami (oui, une troisième fois).

Mais voilà, qui peut faire évoluer cette façon détestable de faire de la politique si ce n’est nous? Oui, nous, la nouvelle génération, qui vomit ces méthodes indignes. Ces individus de valeur autour de moi qui depuis dimanche me disent qu’ils veulent prendre leur carte au Mouvement Démocrate, pour que cela change. Ces personnes qui se sont tenues à distance de la politique et qui soudainement se sentent responsables et motivées, qui croient à la sincérité de François Bayrou lorsqu’il affirme vouloir faire de la politique autrement.

Le courage est important en politique. François Bayrou n’en manque pas. C’est un visionnaire. Les éditorialistes et commentateurs de tout poil parlent de suicide et de mort politique assurée pour François Bayrou. Ceux là devraient relire les papiers qu’ils ont écrit en 2002, lorsque l’UMP a gobé 90% de l’UDF. Ils prédisaient à l’époque la même chose qu’aujourd’hui, avec davantage de mépris encore. Le résultat? Le béarnais est passé en cinq ans de 6,84% à 18,57% après pourtant avoir été passé au kärcher par la cellule « Anti-Bayrou » montée par l’UMP pendant la campagne. Il a parlé aux Français et non aux appareils. Il s’est refusé à débaucher des personalités au PS au moment où celui-ci était en plein doute. Il a été conséquent, dénonçant des pratiques d’un autre âge et en les refusant dans les faits.

Cela a été payant. Des dizaines de millions de Français l’ont entendu, sept millions lui on apporté leur confiance, leur espoir. Donc oui, il y a de quoi être optimiste. Vive la fidélité, Vive l’idéalisme et Vive le Mouvement Démocrate!

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-Casquette de militant: OFF