Archive for the ‘Berlin’ Category

Mc Gyver fait tomber le mur de Berlin avec son couteau suisse

lundi 9 novembre 2009
macgyver2

Mac gyver, le vrai artisan de la chute du Mur de Berlin

Le lever du rideau de fer fait partie de mes premiers souvenirs de l’actualité du monde. Plus encore que la chute du Mur de Berlin, l’image que mon cerveau d’enfant de huit ans a imprimé, c’est l’ouverture du la frontière austro-hongroise, de quelques mois antérieure, et ces files de Trabant, ces gens tout contents. Je trouvais ces bonshommes et bonnes femmes bloqués dans cet embouteillage géant bizarrement Humains. Il faut dire que j’étais déja bien brainwashé.

Et notamment par Mac Gyver. A l’époque, je n’avais pas encore de sens critique capillairement parlant, et Richard Dean Anderson était mon héros absolu. Régulièrement, dès la première saison en fait (1985), le roi du couteau suisse devait en découdre avec les les soldats toujours grisâtres du bloc de l’est. Son job, c’était généralement de ramener un microfilm (le MMS n’existait pas bien sûr) de Budapest, Sofia ou Berlin-Est, et en profiter -tant qu’on y est- , pour faire échappper une pauvre famille blonde et slave persécutée pas les communistes, rêvant de Liberté avec un grand L et de Cheeseburgers avec un grand C. Business as usual. Dans le genre manichéen, on n’a fait pas mieux que Mc Gyver. Liberté vs. Oppression, point.
A l’heure de rentrer en CE2, la conclusion que j’en tirais d’un point de vue géo-ethno-stratégique, c’est que l’Europe s’arrêtait à la Porte de Brandenburg. A l’est de Berlin, ca devait être des russes, des chinois, ou des martiens, enfin des gens très très différents de nous autres français, américains, ouest-allemands, enfin nous quoi, les mangeurs de cheeseburgers.
A l’époque, l’Amérique,  c’était tendance, plus encore que le jour de l’élection d’Obama. Nous achetions sans rechigner, en souriant même, tout ce qui venait d’outre-Atlantique. Même coté vestimentaire, la mode pouvait venir de Dallas ou de Cleveland, on voulait les mêmes bermudas et les mêmes T-shirts taille XXL. C’est dire la profondeur de notre amour…
Dans le Paris de la fin des années 80, tous les hongrois, polonais, russes que j’avais pu rencontrer avaient fui le communisme. Ça corroborait pas mal les thèories MacGyveriennes.
Et puis l’Allemagne s’est réunifiée. J’ai réalisé que les allemands de l’ouest comme ma grand mère, et ceux de l’est,  c’était le
même peuple à la base. Plus troublant encore, au fil des années 90, les gens sérieux à la télé ont commencé à parler du nouvel eldorado économique en Europe de l’Est. Ah bon! C’est aussi des Européens à l’Est? On m’aurait menti? Je croyais toujours que c’était des russes, des chinois, des martiens
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hypermarché typiquement communiste, Budapest

Pendant que l’Europe pansait ses plaies à coup de scotch, d’OTAN et d’UE, dans le reste du monde c’était plutôt tranquille. L’Irak envahissait le Koweit mais bon, c’est loin l’Irak. La Somalie se déchirait, mais bon, c’est l’Afrique. Les Slaves du Sud tapaient sur les Slaves du Sud qui le leur rendaient bien, mais bon, c’est pas des européens, c’est des martiens. Et le 27 septembre 1996, alors que l’Allemagne s’apprête à fêter les 6 ans de sa Réunification, un groupe rebelle, les « taliban » (tellement uniques qu’ils ne prennent  pas de « s » au pluriel) prend Kaboul dans l’indifférence générale. Mais après des décennies d’hivers qu’on craignait nucléaires, ces remous n’étaient que de petits orages dans ce joli nouveau monde unipolaire, et définitivement estival.
Las, un Mac Gyver au bord de la dépression et en mal d’ennemis s’eclipse pour toujours le 21 mai 1992. Richard Dean Anderson abandonne son fidèle couteau suisse pour aller guerroyer contre des martiens dans la série de science-fiction Stargate SG1. Les méchants, c’est toujours les martiens.
Donc 20 ans plus tard, dans quelques heures, je vais (peut-être) braver la pluie et la foule pour voir la Chancelière de l’Allemagne réunifiée, le Président de la si démocratique Russie, celui de la si démocratique France et Hillary Clinton (Obama avait dentiste, a pas pu venir) et toute la compagnie pousser des dominos de béton pour symboliser la chute du Mur et les réunifications de Berlin, de l’Allemagne, de l’Europe et du Monde. Mais une question reste en suspens et Mac Gyver a peut-être la réponse. Quand va t-on enfin se réconcilier avec les martiens?

Doing Germany 3 – Ruhr Trash

mercredi 30 juillet 2008

Doing Germany: 1- Le train de 4h30, 2- De Hagenow Land à Duchanbé

Andy Warhol + Photoshop = la Ruhr

Je regarde les gens assis en face de moi. C’est quand même assez fucked up. Le paysage, les gens… la banane bleue, c’est trash. En comparaison, Prenzlauer Berg, que je ne quitte presque plus (à part pour Mitte), est devenu en quelques années un endroit privilégié, peuplé de gens jeunes, chics, internationaux. J’ai fini par m’habituer à ce nouvel ordre esthético-social, qui cache son coté bourgeois derrière les cinq punks du Kaisers de la Schönhauser Allee. Ils sont là du matin au soir, assis par terre, avec leurs chiens, leurs instruments et tout leur attirail. Je leur donne une pièce ou une cigarette de temps en temps. En fait, mon esprit parano les soupçonne d’être payés par des promoteurs pour occuper le trottoir devant le supermarché, histoire de donner un cachet « alternatif » au quartier, et ainsi faire grimper les prix de l’immobilier. Sans eux, les bobos de toute l’Europe qui rachètent l’ex Berlin-Est rue par rue risqueraient de se méfier d’un quartier devenu vulgairement bourgeois. Les punks devant le Kaiser, c’est la caution bohème de Prenzlauer Berg.

Je pense à Daniel, qui crée des concepts de trash TV pour Bertelsmann, dans lesquelles on montre des beaufs qu’on beaufise à outrance à d’autres beaufs qui du coup se sentent moins beaufs. Imparable. Il est souvent venu par ici pour faire des castings. C’est effectivement un vivier de clients pour les émissions de télé-réalité. Les gens dans cette ancienne grande région industrielle d’Allemagne de l’ouest remplissent les critères communément admis de la beaufitude. C’est « bienvenue chez les Ch’tis » puissance 1000. Les mecs s’appellent tous Wolf, ont une coupe de cheveux à faire rougir d’envie Mc Gyver, 20 litres de bière en gestation dans le ventre, l’intégralité des albums de Scorpions, et, pour les plus riches, une Opel Calibra avec des jantes en alliage (J’ai honte mais j’ai jamais compris ce que ça voulait dire précisément « jantes en alliage »).

oh la belle caisse!

Ce qui surprend aussi chez les filles de la Ruhr, c’est leur couleur de peau, qui ne reflète pas du tout le climat local. L’été, elles sont bronzées car elles aiment s’entasser avec leurs compatriotes sur les plages de Majorque.

L’hiver elles sont également bronzées, car elles aiment le « Sonnenstudio », comprenez salon de bronzage. Il y en a à chaque coin de rue. C’est peut-être une réaction au passé nazi que de chercher à tout prix à imiter le style vulgo-cheap des niçoises. Je ne sais pas, en tout cas le résultat n’est pas top. Les niçoises non plus.

Je suis de meilleure humeur que dans le train de 4h30 et les clichés vivants qui occupent ce train me sont quand même bien plus sympahtiques que les Nouveaux Beaufs de Cabu (page 7 du Canard Enchaîné, Palais de l’Elysée…)

En gare d’Essen, c’est un capharnaüm. Le tableau des départs affiche des retards de 90 minutes sur chaque ligne. Des passagers vont et viennent dans toutes les directions, hébétés, à la recherche de trains dont personne ne sait s’il vont partir. Du haut des escaliers du hall, la scène ressemble à une fourmilière sur laquelle on viendrait de pisser. Des fourmis sous extasy. La plupart cherchent visiblement à se rendre à Dortmund. Et oui, il y a des gens qui veulent aller à Dortmund. Beaucoup, même. 1,6 million précisément ce jour là. C’est que dans la « RuhrMetropole » (ne riez pas), c’est la Love Parade. Le réseau de transport est paralysé.

Je ne suis pas en meilleure position que tous ces braves fêtards multicolores. Je dois rejoindre l’aéroport de Düsseldorf, à une trentaine de kilomètres de là. Dieu merci, c’est dans la direction opposée de Dortmund.

En attendant que l’organisation à l’allemande reprenne le dessus sur le chaos et que le réseau ferroviaire se débloque, je m’extraie quand même de la fourmilière pour voir à quoi ressemble Essen. On ne sait jamais, si ça se trouve, c’est joli.

Essen, Rhénanie-du-Nord-Westphalie, 585.430 habitants

Alors que, enchanté par ce que je viens de voir, je reviens gaiement le plus vite possible à la gare, celle-est purement et simplement fermée par la police. Mon accent français n’attendrit pas les hommes en vert et bleu (ils refont la peinture en ce moment), ils ne me laissent pas passer. De toute façon, il n’y a plus de trains. Il y a limite de quoi devenir claustrophobe à Essen. Je m’imagine prisonnier, condamné à travailler à la mine du coin et finir ma vie ici.

Ni six moins cinq, ni dix moins huit, je jette un oeil à ma boussole au plan de métro et je prends au hasard la ligne 18, qui va vers l’ouest, à « Mülheim », ce qui signifie approximativement « Poubelleville » (non mais sérieusement, ils tendent le bâton ici…). Ca me rapproche, et au moins ça semble fonctionner. On verra bien là-bas. En fait de métro, c’est une Stadtbahn, enfin un tram quoi. Ca roule sur le terre-plein central d’une autoroute urbaine. Ce sont des chefs-d’œuvres d’urbanisme, ces autoroutes urbaines de la Ruhr.

Par je ne sais quel miracle, je finis par trouver un truc rouge sur des rails qui roule vers Düsseldorf. Adieu Dortmund, Essen, Mülheim, adieu la Ruhr…

En fait, je ne l’ai pas dit pour bien mettre l’accent sur le coté urbano-prolo-industrialo-vomitif de cette vallée, mais en réalité, c’est très vert la Ruhr. Partout, il y a des parcs, des forêts, de la vigne vierge qui s’épanouit librement sur les façades de brique rouge des usines désafectées. Par endroits, c’est presque bucolique. Voilà la vérité rétablie.

Three years in Berlin

mercredi 7 novembre 2007

 Mors Certa hora incerta

Kaffee Burger – Kim – White Trash – Kohlenquelle – Berghain – Pong – Zu Mir oder zu dir – Bar25 – Sonntag im August – Rodéo Club – Week End – Klub der Republik – PickNick – Hotelbar – 103 – Weinerei – Octogon – Fire Club – Wohnzimmer – Bagdad Döner – Intersoup – Tacheles – Visite ma Tente – Fire Bar – Bar 23 – Maria – Villa Orange – Fritz – Schwarz Sauer – Hoppetosse – Magnet – Rakete – Schönwetter – Morgenrot – Mittefeld – Kulturbrauerei – 8Millimeter – Stadtbad – FC Magnet – King Kong Klub – Stella – The Bird – Sophiensaele – Sophienklub – Morgenland – Rosis – Greenwich – Ballhaus Ost – Ballhaus Mitte – Ballhaus Chaussee Strasse – Strandbad Weissensee – Strandbad Mitte – Zapatta – Oscar Wilde – Cookies… J’en oublie la moitié. Maybe it’s time to go?

 Whatever, some food for the ears.

Something to listen to in Denitsa’s room, the cosiest room I know in Berlin. And give me a fucking Grassovka-Appel with some ice.

 Shameless eyes

(right click – save under…)

 

this song starts now

jeudi 11 octobre 2007

i know this is quite violent. whatever

La crise des trente ans

mardi 28 août 2007

Dimanche matin, 10h. Simone regarde nerveusement à travers la vitre de la salle des arrivées. Elle passe en revue les passagers qui attendent leurs bagages sur le tapis roulant. « Sur la dernière photo de lui que j’aie vu, il avait pris dix bons kilos. Je me demande si je vais le reconnaître » me glisse t-elle en continuant à chercher Brad du regard. La dernière fois que j’ai vu Simone, c’était il y a deux ans, dans ce même aéroport, un matin d’hiver glacial. Brad s’envolait vers les Etats-Unis, laissant Berlin et quelques mois de vie de bohème derrière lui. Après les adieux, alors que nous rentrions en train à travers la ville enneigée, on avait tué le temps en se racontant nos états d’âme. Trente ans, Simone cherchait un peu sa voie. La vie à Berlin est certes des plus agréables, mais dans cette ville qui fut tant détruite, il n’est pas si aisé de bâtir quelquechose. Une carrière. Un amour. Une famille. Il y a bien ce Tobias qu’elle avait rencontré quelques semaines auparavant, mais c’était plus une affaire qu’autre chose. « Le temps passe vite, et les vingt ans sont loin ». Bref, une crise de la trentaine classique, je m’étais dit, avec cette angoisse un peu irrationnelle d’une vie de solitude.

La solitude, Simone en est loin, alors que le tapis roulant chargé de bagages se met en marche. « L’affaire » Tobias est toujours là. Nous sommes allés chercher notre ami commun à l’aéroport avec sa voiture, un grand break Audi. Je me suis assis devant à coté de lui, tandis que Simone était à l’arrière avec Tristan, leur fils de dix mois. Tobias est ingénieur. La semaine prochaine, il s’envole pour une entretien d’embauche en Suisse, d’où il a été approché pour un poste intéressant.

Merde, c’était aussi mon plan. Avant.

L’après-midi, Simone a organisé un barbecue sur son balcon pour fêter le retour de Brad. Elle s’est donné de la peine. La table regorge de salades et de garnitures variées. Il y a du saumon et carottes qu’elle a pris le temps d’éplucher. Ca fait bien longtemps que je n’ai pas vu une si belle table. Sur le balcon, Tobias et son ami Gerald sont en charge du barbecue, sur lequel rotissent brochettes et côtes de porc. Les femmes (on dit « femmes » après trente ans non?) discutent à l’intérieur en surveillant le petit Tristan qui court partout. Je m’assieds avec elles. Sabine, une jolie brune énergique travaille déjà depuis trois ans comme avocate. Alors qu’elle feuillette le Best Seller « Die Schweiz für die Deutsche » (« La Suisse pour les Nuls »), je lui apprends que les Suisses-Allemands détestent ces sombres connards d’allemands arrogants, autant que les Romands ne supportent pas la grande gueule de ces français éternels donneurs de leçons. Elle rigole.

Sabine est célibataire. Elle ne veut pas quitter Berlin, pour l’instant. Elle ne le dit pas, mais elle attend d’avoir un mec, qui deviendra le père de ses enfants. Pour jouer, je me suis demandé l’espace d’un instant si j’aurais pu être celui là. Oui, certainement, plus tard. Pour l’heure, j’ai pris le chemin inverse. Mais qui sait, la vie est un cycle plein de surprises.

Le soir, avec Brad, nous sommes assis dans un bar de la Gleim Strasse. Dans le fond, un téléviseur diffuse un bien piètre derby Lyon-St-Etienne. On se raconte nos deux dernières années, lui à Washington et moi à Berlin. Il est parti en laissant quelqu’un là bas. Moi je suis resté en laissant quelqu’un ici. Ca revient au même finalement. Alors que nous enchaînons les bières, comme deux bons amis qui se retrouvent, je vois passer Daniel, Le Canard et l’une des suédoises. Il m’annonce, « Julien et les autres ont battu un nouveau record! Ils sont rentrés de fête à 20 heures! » Je ne sais pas comment ils font pour tenir debout toute une nuit et toute une journée, mais la fête devait sûrement être grandiose. Celui qui sort comme ça doit avoir une énergie considérable. Pour jouer, je me suis demandé l’espace d’un instant si j’aurais pu être celui là. Oui, certainement, avant. Pour l’heure ça ne m’interesse plus. Mais qui sait, la vie est un cycle plein de surprises.

 

En me couchant, la tête un peu alourdie par ces intenses retrouvailles amicales (et par x litres de bières plus trois white russian), je fixe le plafond en me demandant si il existe un juste milieu, pour moi, maintenant. Et je ferme les yeux en me disant que je suis un peu jeune pour me faire la crise existentielle des trente ans.

 

 

rentrée, justice, bundesliga, justice, photo

lundi 20 août 2007

C’est la rentrée.

J’ai décidé ce matin que c’était la rentrée. Je me suis levé à 8h, alors que la veille à cette heure, je dansais encore. Je me suis assis à mon bureau. J’ai commencé à régler des trucs que je laissais traîner depuis trop longtemps. J’ai plein de projets pour cette nouvelle saison (La 26ème saison déjà!), il faut que je sois prêt pour le lancement officiel, le 20 septembre.

J’ai la motive. Aussi parce que ce genre de mails se multiplient, et parfois, ça me fait flipper.

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Pour Vu d’ici aussi, c’est la rentrée. Ce blog va devenir plus mieux. Je vais y consacrer trois matinées par semaines. promis

 

Exploitation politique du faits divers, la nouvelle donne

Dernier exemple en date, la Garde des Sceaux Rachida Dati. En visite dans le Nord, elle a rencontré la famille du petit Enis, malheureuse victime d’un pédophile, à qui elle « apporté son soutien ». Elle s’est également rendue au tribunal de Grande Instance de Lille pour rencontrer les différents acteurs impliqués dans la libération du garçon. Mais la ministre n’était pas seule. Les journalistes avaient également été conviés à la fête. Ce qui a un peu surpris certains.

« Le chauffeur de taxi, un des témoins qui a permis de retrouver Enis et son agresseur présumé, s’est déclaré «relativement surpris» de l’invitation à rencontrer la ministre. «C’est beaucoup de reconnaissance, je n’ai pas fait ça (témoigner, ndlr) pour passer devant les caméras», a-t-il ajouté. » (AFP)

La Ministre, soucieuse de la santé mentale de l’enfant et de la famille, a précisé qu’il fallait réfléchir à la manière d’«éviter une sur-exposition notamment médiatique (à cet enfant, ndlr) qui pourrait aggraver un traumatisme psychologique». (AFP)

Peut-être que Rachida Dati pourrait commencer par ne pas faire de tapage médiatique autour de son déplacement à Lille?

J’ai lu pas mal d’articles de la presse française sur ce déplacement qui mentionnaient cette phrase. Apparament, il n’y a que moi que cette contradiction choque.

 

 

« Rieséry », la nouvelle coqueluche du foot allemand

Samedi après-midi, avec Daniel, nous avons fait comme beaucoup de jeunes hips de Prenzlauer Berg. On est allés regarder la Bundesliga dans un bar branché. Parce que ici, c’est normal de regarder le foot. Je veux dire que ça n’est pas connoté beauf, dans ce pays qui accepte et revendique sa part de culture populaire, à l’inverse d’autres qui l’ignorent et la méprisent superbement (suivez mon regard).

Bref. -si vous ne comprenez rien au foot, vous pouvez zapper les trois prochains paragraphes- Il y avait donc plusieurs matchs en simultané, dont trois affiches. Berlin, désormais entrainé par le Suisse Lucien Fabre, a corrigé le champion d’Allemagne Stuttgart 3 buts à 1 dans un Olympia Stadion archi comble. Cette victoire a fait beaucoup de bien au moral des berlinois. Par ailleurs, dans LE derby d’Allemagne, l’équipe de Gelsenkirchen, Schalke 04, a détruit ses voisins du Borussia Dortumund 4 à 1, avec un Kuranyi qui confirme à la fois sa bonne forme actuelle et son mauvais goût permanent en matière de rasage.

070725211444jm4xphhn1b.jpgEt puis, il y a eu le match de Franck Ribéry sur la pelouse du Werder de Brême. Ribéry a beau être parfois complètement stupide et absolument ridicule (voir ci-contre), ce mec là est le meilleur transfert de l’année en Europe, à mettre à l’actif du Bayern Munich. Il a bluffé tout le monde. Ce bonhomme là te mets une de ces paniques dans une surface, c’est fou comme il est imprévisible. Hop, vidéo (je crois que c’est en portugais)

C’est lui qui est au départ de l’action qui amène au penalty qu’il transformera quelques instants plus tard. Après un deuxième but plein de sang froid de Luca Toni, Ribery réalise l’action qui passe en boucle sur toutes les télés depuis deux jours. Ce contrôle suivi d’une relance millimétrée ont fait rentrer l’ancien marseillais dans la légende du foot allemand. Le quatrième but, un truc d’extra-terrestre est l’oeuvre d’Andreas Ottl. 4-0, score final. Avec cette victoire nette face à un concurrent direct, le Bayern met les pendules à l’heure. Ribéry, Toni, Klose… Ils n’ont pas dépensé 70 millions d’euros sur le marché des tranferts pour finir deuxièmes du championnat. Ils vont le remporter, avec au moins 10 points d’avance sur le suivant, et avec la Coupe de l’UEFA en prime. Et l’année prochaine, gare à ceux qui auront le malheur d’être tirés au sort en ligue des champions face à eux. Qu’on se le dise: le Grand Bayern est de retour.

 

Transferts: JUSTICE sur les tablettes d’Universal Music Group?

oups non c’est plus du foot, c’est du business de la musique

 

Justice aurait « apparamment » signé chez Universal Music. Contacté par Vu d’ici, La filiale de Vivendi n’était pas en mesure de confirmer ni d’infirmer (oui et alors je me la pète si je veux ok!). Tout part de ce commentaire laissé par Busy P alias Pedro Winter, le fondateur de leur label Ed Banger Records, sur myspace.

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Bref, si cela se confirme, apprêtez vous à manger du Justice au petit-dej, au déjeuner, au goûter et au dîner pendant les prochains mois. J’aime pas les majors. Ils font du mal à la musique.

 

Expo photo de Berlin à Marseille

« Finissage » (je connaissais pas ce terme) ce vendredi de l’expo de Bertand St-Guilhem.

Allez y, ce mec a vraiment du talent

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Le dimanche

jeudi 12 juillet 2007

 Le soleil brille à nouveau enfin sur les terrasses de Prenzlauer Berg. Normalement le dimanche on se retrouve vers 15h et on va bruncher dans la Gleim Strasse. Notre sortie du dimanche pourrait ressembler à ça.

le dimanche à berlin

Sauf que la Schönhauser Allee est plus sale que dans les Grands Boulevards du tableau de Renoir et que nous, on a l’air de cinq déchets post bobo. Le canard, avec ses manières et son perfectionnisme so swiss, ressemble de plus en plus à Karl Lagerfeld. Daniel rappelle Pete Doherty version workoolic. Au fond, Daniel n’est pas fait pour bosser du lundi au vendredi de neuf heures à dix-huit heures. Ca ne lui réussit pas. Non, Daniel voudrait la vie facile. Longtemps, son but dans la vie était de devenir célèbre, non pas pour flatter son égo, seulement pour avoir quelqu’un qui lave et et repasse ses habits à sa place. Julien est le plus élégant. Avec son chapeau, il fait très Grands Boulevards version contemporaine. Enfin le Gitan, coiffé de son beret blanc, raconte des histoires extraordinaires. Même quand il n’écrit pas, il romance. C’est agréable à écouter et surtout, ça plait aux filles. Et oui, les filles aiment bien qu’on les fasse rêver. Avec Julien, on lui dit souvent d’arrêter son bullshitage, mais au fond on aime quand même bien ça.

zut! (précédemment « fait chier! »)

mardi 3 juillet 2007

temps à la con

Edit: A part ça ils déconnent n’assurent pas netvibes parce là tout de suite maintenant, il fait super beau et même chaud.

Edit: ma mère trouvait qu’il y avait trop de gros mots dans un post aussi court -et moi j’écoute toujours ma mère

Viendez! Viendez à Berlin!

samedi 30 juin 2007

Du bist ein berliner

La bagarre 2/2

lundi 25 juin 2007

Deuxième acte vendredi. Il y a une soirée « swimmingpool » dans la galerie de Maud. Une soirée swimmingpool, tiens donc. Sans piscine. Sans maillot de bains. Par contre il y a des cocktails de toutes les couleurs, et des gummibärchen. Je suis un accroc complet aux gummibärchen, mais je me soigne. Pas plus de vingt, me dis-je en apercevant le vase plein des ces délicieux petites trucs chimiques. On a donné rendez-vous à pas mal de monde ici pour le début de soirée. Notamment, on doit rencontrer nos suédoises.

Il n’y a pas trop de monde, mais les gens sont sympas et détendus, y compris Maud. Le problème, c’est que la galerie d’à coté a aussi fait une fête. C’est un truc gothique, donc les gens sont bizarres. Evidemement, c’est là qu’on retrouve les suédoises, qui se sont trompées de point de rendez-vous. Les suédoises, elles sont tarées. Je dis pas ça méchamment, surtout que vraiment, on les aime beaucoup. Mais bon voilà quoi. Caro, la blonde péroxydée tout droit sortie des années 80, est la plus « normale » d’entre elles. Oui, je sais bien que ça veut rien dire « normale », à Berlin, mais je ne sais pas quoi écrire d’autre. Disons que je n’aurais pas trop peur de l’inviter chez mes parents. Puis, il y a Christine, très classe, issue de la bourgeoisie, bien habillée; mais qui si on l’observe deux minutes fait peur tant elle a l’air stressée paniquée par la vie. Entre elles, elles se donnent des noms de plats (en suédois) comme « chili con carne », « sushi » ou « spaghetti bolognaise ». si si!

Et puis, il y a Julia. Julia est clairement très jolie. Non, pour être tout à fait honnête, c’est un canon. Des traits fins, un sourire ravageur, de grands yeux (signe de fertilité parait-il), enfin toute la panoplie de la fille de magazine. Sauf qu’elle est pas nette, mais alors pas nette du tout dans sa tête. On arrive face à la devanture de la galerie où elles sont assises toutes les trois avec une bière à la main. La belle brochette de suédoises. Mais Julia n’a pas l’air dans son assiette. Elle regarde fixemement ses chaussures et prête peu d’attention à notre arrivée. Avec Julien on se regarde, l’air de dire « Ouais bon bref, c’est Julia, pas d’affolement, elle est tarée de toute façon ».

« What’s up with you Julia? » demande Julien, prévenant avec les demoiselles comme à son habitude. « I don’t know. Since I’ve left my job in this bar, I’ve got too much energy, and I can’t stand it anymore ». « Well then take a run around the block, you’ll feel better », que je lui dis, moqueur. Elle me regarde, et ses yeux verts virent au noir. « No, I’d better need a good fight. C’mon, let’s fight together, right now! ». Merde je me dis, j’aurais mieux fait de la fermer. « But Julia… », lui dis-avec des yeux de merlan-frit, « I can’t fight you. You’re a woman and I just can’t fight women. And i’d be afraid to hurt you ». Elle se lève d’un bond et colle son visage à 5mm du mien en me fixant droit dans les yeux. « Fight me! Now! I’ll feel so much better afterwards », crache t-elle. Je suis pris au piège. Je veux pas non plus passer pour une mauviette. « Ok », je dis, « but as soon as you’re lying on the floor, we stop, ok? ». Elle me décoche une coup de poing viril dans l’épaule en lachant un « ok! » visiblement libérateur. Je me laisse chatouiller frapper en faisant mine de riposter, même si évidemement je retiens mes coups. Pas si facile en fait, de se « battre » contre une fille. Au bout de trente secondes je la soulève, toute légère qu’elle est, tandis qu’elle se débat comme un poisson rouge tombé de son bocal. Délicatement, je la dépose sur le sol et elle se met à me sourire, vaincue. « thank you », dit elle essouflée avant de poser tendrement ses lèvres sur les miennes en guise de remerciement. Tarée, je vous dit. Je l’aide à se relèver et je vais rejoindre Julien, pas plus étonné que ça par la scène. « Elle est tarée de toute façon » dit-il.

Je m’éloigne au plus vite de la furie pour retrouver l’athmosphère civilisée de la galerie de Maud, faire un peu de smalltalk. Plus tard, Julia diparaîtra avec un mec moche à tatouage (c’est une fétichiste des tatouages), sorti d’on ne sait quelle cave de Friedrischain, et sur lequel elle s’était littéralement jetée. Je me mets à la place du-dit mec, qui ne la connaissant pas, assume qu’elle est normale. Ca doit être un peu la même impression que lorsqu’on gagne au loto sans même avoir joué. Mais bon, si le paquet-cadeau est magnifique, froussard comme je suis, en entendant le tic-tac-tic-tac à l’intérieur, j’aurais pas envie d’ouvrir pour voir ce qu’il y a dedans. Avis aux démineurs tatoués, vous savez où la trouver.

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Rien à voir, mais ce soir là, une rumeur circulait. Une soirée illégale, le lendemain, tous les appartements ouverts, un immeuble entier abandonné, en plein coeur de Prenzlauer Berg… Une soirée qui pourrait rester dans les annales… Ah oui, c’était vrai? On en reparlera ici bientôt…

 

Pour les impatients germanophones, vous pouvez aller voir chez Daniel, qui sur ce coup là a été plus rapide que moi. (J’ai maintenant 10 jours de retard et il s’est passé plein de trucs depuis)

La Bagarre 1/2

lundi 18 juin 2007

 Je ne me bats jamais d’habitude, je l’ai déjà dit. Je suis un tendre, un doux, un agneau. J’aime les bisous, plutot. Mercredi, j’ai bien été obligé de sévir. Bon c’était davantage « Beerfest » que « Fight Club ». Il était 4h45. Il faisait jour. Julien avait bu un certain nombre de vodka-redbull, et il était temps de rentrer. Ce même soir, il avait léché les murs à plusieurs reprises. Son habituelle libido est en grève depuis trois mois, et cette longue période de jachère le rend parfois un peu… entreprenant. Il reste quelques personnes au Dr Pong, mais bon c’est la fin là. Bien qu’il pèse quinze bons kilos de plus que moi, je l’attrape et le traîne littéralement à travers l’Eberswalder Strasse, direction la maison. Mais l’animal résiste, enivré qu’il est par les femmes et l’alcool. Il se rebiffe, gigote et ne veut pas entendre la voix de la raison, la mienne en l’occurence (arrêtez de rigoler, je vous entend). « Rentre Julien, t’es arraché, les filles là bas sont pas terrible et de toute façon elles veulent pas de toi. Et puis merde, tu bosses demain. Allez ». C’est ça la règle entre potes: c’est le moins bourré qui s’occupe des autres. Et c’est souvent moi le moins bourré. Mais non il ne veut rien entendre et tente de s’échapper de mon emprise pour y retourner. Je lui mets un baffe qui claque et résonne dans la Schönhauser Allee déserte. Comme celles dans les films catastrophe qu’on donne à des filles en crise d’hystérie parce qu’il y a des morts partout autour, histoire de leur faire reprendre leurs esprits. Il me regarde l’air hébété deux secondes. « Hé mais loulou, tu me mets pas une baffe quand même ». Moi, passablement énervé: « Ben si. T’es relou. On rentre maintenant! ». Je l’empoigne et l’entraine vers le nord. Il entreprend de se venger de la claque et essaie de me faire trébucher. Difficile dans son état. On commence à se « bagarrer », et évidememnt au bout de dix secondes, on se casse la gueule et se retrouve comme deux cons assis le cul par terre au milieu de la Schönhauser Allee. « Bon loulou, on arrête, on va encore se faire mal comme l’autre fois ». L’autre fois on avait voulu faire nos coqs dans son appart, on avait fait la bagarre, on avait eu mal au côtes pendant une semaine. On se fait un bisou et on marche direction la maison. Ah non, mais j’ai jamais dit qu’on était intelligents. Je le laisse devant sa porte et soudain deux allemands viennent m’aborder. Ils ont l’air bien gentils, mais qu’est ce qu’il me veulent, que je me demande. « On vous a vus vous bagarrer avec ton pote, on a trouvé ça mignon. Tu vas où? » Hein? Quoi? Ben je vais à la maison bon sang, vous avez vu l’heure? « On peut marcher avec toi? » Heu, ben oui, si vous voulez les gars, je m’en fous moi, si vous avez que ça à faire. C’est quoi encore ces freaks, que je me dis quand même dans ma tête pas toute fraîche. On marche et ils m’expliquent qu’ils vont rentrer chez eux après, à l’exact opposé de chez moi, mais qu’avant ils veulent d’abord me raccompagner chez moi. Chouette, deux anges gardiens! Arrivés devant ma porte, je leur serre la main et entre dans l’immeuble. Reflexion faite, ils avaient sûrement une autre idée en tête. A Paris, j’aurai peut-être eu un peu les jetons, mais bon ici, je risquais pas grand chose. Mais il faut que je pense à arrêter avec ce style gay que j’ai. Même quand je me bagarre. C’est la honte quand même.

Ca me fait toujours marrer:

brèves du lundi

lundi 11 juin 2007

Lucile Barras 

Belle de jour

Lucile passe une demie heure dans la salle de bain à s’arranger, avant de descendre chercher du pain à la boulangerie. Pourtant, je n’ai encore jamais rencontré une fille qui est aussi belle et fraîche dès le matin réveil. C’est impressionnant. Même si elle est sortie jusqu’à six heures du mat et est rentrée à quatre pattes, dès qu’elle se réveille, ses yeux pétillent et son teint est resplendissant. Cette fille est incroyablement belle.

Daniel est amoureux

Daniel est tombé virtuellement amoureux d’une bobo parisienne. Il ne l’a jamais vue. C’est une fille qui tient un blog à Paris, et de ce que j’en lis, son mode de vie n’est pas à des années-lumières du notre. Sauf qu’évidemment, c’est plus simple à Berlin qu’à Paris, de mener la vie qu’on mène.

Google is my friend

En trois mois d’existence, ce blog est devenu l’ami de google. Je ne sais pas pourquoi, il est super bien référencé. J’ai rien fait pour. Du coup, il y a pas mal de gens qui arrivent après avoir fait des recherches bizarres. Je peux les voir dans les statistiques. Il y a: « députés UDF MODEM au 32ème tour », « Anatomie de l’anus », « immigrants schönhauser allee », « débraillée dans lé métro », « Cris d’épouvantes »…

J’en profite pour remercier les personnes qui me lisent, qui si on en croit ces mêmes statistiques, vont croissant et sont fidèles. C’est sympa, vraiment. Merci aussi à googlebot.

La Schönhauser Allee

J’aime profondémment la Schönhauser Allee. C’est comme la « grand-rue » de mon village. On y croise toujours des gens qu’on connaît. L’église de mon village, c’est la station de métro Eberswalder Str. Le troquet du village, c’est le Dr Pong. La cantine de mon village, c’est le Mc Do ouvert jour et nuit. Oui je sais, ça craint. La campagne de mon village, c’est le Falk Platz. Il y a plein de gamins dans mon village. Mon village s’appelle Prenzlauer Berg, il est situé à Berlin, Allemagne. C’est chez moi.

Julien sur la Schönhauser Allee

sorry, Julien… mais dès mercredi, on sera des stars!

Ecrire, raconter, laisser une trace.

Je me suis mis en tête de raconter une semaine entière de notre vie à Berlin sur ce blog. Je me suis aussi mis en tête de décrire un peu les protagonistes de cet espèce de sitcom bas-de-gamme qu’est notre existence. Le Gitan, Daniel, Julien, le Canard et les autres. Mais je traîne. Je vous jure, c’est long d’écrire. Ca prend un temps fou. Pendant ce temps, la vie passe encore plus vite. Parfois, on n’est pas inspiré, parfois on écrit « die Scheisse ». Mais je me donne de la peine. Je vais y arriver. J’adore ça écrire, même si je préfère vivre.

 

Mein Herz tanzt

lundi 14 mai 2007

La danse des molécules, par M.I.A

C’est berlinois, très frais à écouter avec un verre de rosé, frais lui aussi.

Berlin en mai

jeudi 10 mai 2007

Falk PlatzMixte Thai/TürkU-EberswalderstrSpree @ KreuzbergTerrasse @ night

Bonne fête l’Europe!

mercredi 9 mai 2007

 Le drapeau de l'Europe par l'architecte Rem Koolhaas

 Le drapeau de l’Europe, vu par l’architecte Rem Koolhaas

Tout le monde semble s’en moquer, mais aujourd’hui 9 mai, c’est la fête de l’Europe. Et l’Européen pratiquant que je suis se doit de marquer le coup! L’Europe est souvent montrée du doigt comme un problème alors qu’elle est surtout une solution. Bien sûr, tout n’est pas rose, mais en cette journée de l’Europe, on devrait s’interesser à ces aspects qui font plaisir à voir! Alors voilà une petite selection de choses qui, à mes yeux, font l’Europe d’ aujourd’hui. Bien sûr il est possible et même souhaitable de poster dans les commentaires ce qui fait votre europe à vous.

EasyJet:

 Lancée en 1995, la compagnie a bas coûts est en train de donner vie concrètement à l’un des objectifs de l’Europe: La libre circulation des personnes. Et à travers celà bien évidement pour un maximum d’européens, la possibilité de découvrir d’autres endroits du continent, de se familiariser avec des cultures, de langues et des populations autrefois inconnues, jugées différentes voire craintes. Cela semble être un détail mais la démocratisation du transport est un des outils qui façonnent l’idée d’être Européen, ce fameux sentiment jusqu’ici abstrait et qui tend à se préciser. EasyJet et sa « concurrente » Ryanair (elles ne sont en réalité en situation de concurrence que sur quelques liaisons) ont fait voler à elles deux plus de 70 millions de personnes en 2006. La prime au « plus européen » revient toutefois à Easyjet, qui pour faire face à son expansion a acheté 140 Airbus, quand sa concurrente irlandaise a opté pour des Boeing.

  Les immigrés:

L’Europe est clairement une terre d’immigration, après avoir longtemps été un puissant foyer d’émigration. Ses villes sont le lieu d’un formidable brassage de cultures. Que l’on se promène dans les rues larges de Kreuzberg, les buildings du XIIIème arrondissement de Paris ou les ruelles romaines, on en voit de toutes les couleurs, blanc, jaune, noir… Sans tomber dans l’imagerie caricaturale du black blanc beur où « tout le monde il est gentil », on peut considérer cette multiculturalité comme une des caractéristiques de l’Europe actuelle. Et se questionner sur la meilleure façon d’intégrer ce petit monde, afin que nous puissions devenir des virtuoses dans l’art du « vivre-ensemble ». Les raisonnements actuels concernant l’immigration sont complètement à coté de la plaque, et les débats lors de la dernière campagne présidentielle Française en sont une illustration fracassante. La question n’est pas: « comment freiner l’immigration? » ou « comment mieux sélectionner l’immigration? ». Non. Un démographe débutant vous dira que de se poser dans cette problématique, c’est avoir complètement le nez dans le guidon. La vraie question est: « Comment allons nous faire pour intégrer les dizaines de millions d’immigrés (et leurs enfants!) dont l’Europe a un besoin vital dans les prochaines décennies mieux que nous l’avons fait avec ceux arrivés depuis les années 1960 tout en gardant des valeurs auxquelles nous tenons et qui nous représentent? ». Oui la question est longue et fait peut-être peur à certains, mais c’est un défi essentiel, et qui concerne tout ce vieux continent qui ne fait plus assez de bébés.  Une début de réponse peut-être: les millions de personnes d’origine étrangère qui vivent en Europe et qui font le pont entre des cultures différentes ne se sentiraient-ils pas plus valorisés dans la société si on leur disait: «Vous allez nous aider à être la courroie de transmission vers l’intégration des vagues d’immigration futures?»

 La Suisse:

« Ah, La Suisse! » (A prononcer avec un bon accent vaudois style Ovomaltine). 26 cantons au sein d’une Confédération, 4 langues officielles plus l’anglais connu de tous, 2 religions dominantes, 7 millions d’habitants dont 1 million d’étrangers et 1 million de Suisses vivant à l’étranger, taux de chômage inférieur à 3%. Paradoxalement hors du système, la Suisse, c’est une mini-Europe qui marche, avec autant de complexités que de lacs. Le système politique en Suisse est mal connu. Pourtant, c’est le modèle qui se rapproche concrètement le plus de l’idéal des Philosophes des Lumières. 3 points essentiels:

-Système confédéral. Chaque canton a une grande autonomie: fiscalité, éducation, police, transport, tout cela est géré au niveau cantonal. Le plus grand canton, Berne, a la taille d’un département français.

-Démocratie directe et droit d’initiative populaire. Des référendums, pardon « votations », à tous les échelons, communal, cantonal, national, pardon « fédéral » sur potentiellement tous les sujets, de la couleur du tram à l’adhésion à l’UE.

-Gouvernement d’union nationale et culture du consensus. Le gouvernement, pardon « conseil fédéral » est formé de sept membres choisis en fonction de la composition du parlement (tous les partis sont représentés), de leur langue, religion et sexe. Le conseil fédéral représente le Pays.

Les Suisses ont toujours refusé d’entrer dans l’UE. Pour eux, ca n’est pas à la Suisse de se « bruxelliser », mais à l’Europe de « s’ helvetiser ». Tout Européen que je suis, je ne peux qu’approuver.

 

à suivre…