La Bagarre 1/2

 Je ne me bats jamais d’habitude, je l’ai déjà dit. Je suis un tendre, un doux, un agneau. J’aime les bisous, plutot. Mercredi, j’ai bien été obligé de sévir. Bon c’était davantage « Beerfest » que « Fight Club ». Il était 4h45. Il faisait jour. Julien avait bu un certain nombre de vodka-redbull, et il était temps de rentrer. Ce même soir, il avait léché les murs à plusieurs reprises. Son habituelle libido est en grève depuis trois mois, et cette longue période de jachère le rend parfois un peu… entreprenant. Il reste quelques personnes au Dr Pong, mais bon c’est la fin là. Bien qu’il pèse quinze bons kilos de plus que moi, je l’attrape et le traîne littéralement à travers l’Eberswalder Strasse, direction la maison. Mais l’animal résiste, enivré qu’il est par les femmes et l’alcool. Il se rebiffe, gigote et ne veut pas entendre la voix de la raison, la mienne en l’occurence (arrêtez de rigoler, je vous entend). « Rentre Julien, t’es arraché, les filles là bas sont pas terrible et de toute façon elles veulent pas de toi. Et puis merde, tu bosses demain. Allez ». C’est ça la règle entre potes: c’est le moins bourré qui s’occupe des autres. Et c’est souvent moi le moins bourré. Mais non il ne veut rien entendre et tente de s’échapper de mon emprise pour y retourner. Je lui mets un baffe qui claque et résonne dans la Schönhauser Allee déserte. Comme celles dans les films catastrophe qu’on donne à des filles en crise d’hystérie parce qu’il y a des morts partout autour, histoire de leur faire reprendre leurs esprits. Il me regarde l’air hébété deux secondes. « Hé mais loulou, tu me mets pas une baffe quand même ». Moi, passablement énervé: « Ben si. T’es relou. On rentre maintenant! ». Je l’empoigne et l’entraine vers le nord. Il entreprend de se venger de la claque et essaie de me faire trébucher. Difficile dans son état. On commence à se « bagarrer », et évidememnt au bout de dix secondes, on se casse la gueule et se retrouve comme deux cons assis le cul par terre au milieu de la Schönhauser Allee. « Bon loulou, on arrête, on va encore se faire mal comme l’autre fois ». L’autre fois on avait voulu faire nos coqs dans son appart, on avait fait la bagarre, on avait eu mal au côtes pendant une semaine. On se fait un bisou et on marche direction la maison. Ah non, mais j’ai jamais dit qu’on était intelligents. Je le laisse devant sa porte et soudain deux allemands viennent m’aborder. Ils ont l’air bien gentils, mais qu’est ce qu’il me veulent, que je me demande. « On vous a vus vous bagarrer avec ton pote, on a trouvé ça mignon. Tu vas où? » Hein? Quoi? Ben je vais à la maison bon sang, vous avez vu l’heure? « On peut marcher avec toi? » Heu, ben oui, si vous voulez les gars, je m’en fous moi, si vous avez que ça à faire. C’est quoi encore ces freaks, que je me dis quand même dans ma tête pas toute fraîche. On marche et ils m’expliquent qu’ils vont rentrer chez eux après, à l’exact opposé de chez moi, mais qu’avant ils veulent d’abord me raccompagner chez moi. Chouette, deux anges gardiens! Arrivés devant ma porte, je leur serre la main et entre dans l’immeuble. Reflexion faite, ils avaient sûrement une autre idée en tête. A Paris, j’aurai peut-être eu un peu les jetons, mais bon ici, je risquais pas grand chose. Mais il faut que je pense à arrêter avec ce style gay que j’ai. Même quand je me bagarre. C’est la honte quand même.

Ca me fait toujours marrer:

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