Une semaine ordinaire à Berlin: Jeudi pop pop 1/2

 Vernissage nucléaire et alcoolisme homosexuel  

le ping pong du look - dr pong berlin  

photo: Ingo Kniest 

Il y a ce vernissage vaguement franco allemand dont ont parlé Laura et Sarah. En fait j’aime bien les vernissages à Berlin, c’est loin du cliché bourgeois dans le quel est emprisonné le vernissage parisien, nécessairement élitiste et guindé. Normalement, c’est plutot l’occasion de rencontrer des gens qu ‘on connait vaguement et de se retrouver après le boulot pour boire une bière en accordant une attention distraite aux trucs accrochés au mur. Voire de faire la fête, car certains vernissages dégénèrent gravament. La petite Marion passe me prendre à 19h et on marche à travers un Prenzlauer Berg ensoleillé, tandis qu’elle me raconte ses frasques d’ étudiante erasmus de vingt ans. Je me sens vieux, mais bon c’est tout de même rigolo à écouter. Drôle de fille cette Marion, elle exaspère les autres filles par son aspect volontairement un peu bimbo, porte des T-Shirts « Les jeunes de Berlin avec Sarkozy », ce qui, combiné avec des formes avantageuses, nous ferait presque aimer le Président.

Le vernissage n’est pas extrêmement rock’n’roll. Nous sommes arrivés un peu tôt et il n’y a pas foule. Je commande un jus d’orange tandis que la demoiselle s’envoie un planteur. On jette un coup d’oeil aux trucs accrochés au mur. Le plus « intéressant » est cet artiste qui a dissimulé une caméra dans un landeau pour bébé. Il s’est ensuite promené sur les trottoirs parisiens et berlinois en filmant. Le tout est projeté sur un écran avec à droite Paris et Berlin à Gauche. Je m’efforce de trouver ça captivant jusqu’à ce que mon verre soit vide, puis on décide de se casser profiter des dernier rayons de soleil dans le parc du planetarium. En septembre dernier, le Bar 25 organisait des « raves urbaines » le dimanche après midi dans ce parc, et je me souviens que c’était très cool. C’est nettement moins bordélique en ce début de soirée.

On passe chercher Julien et le Canard chez eux puis on va -évidemment- au Dr Pong. Sonia, David, Nicolas, Eric et Camille sont là. On pourrait presque se croire en France, si des endroits comme le Dr Pong existaient en France. Il y a une DJ, française également, qui fait un live-act. Son nom de scène est un en fait anagramme de son prénom -que je ne citerai plus ici ni ailleurs-. C’est de l’électro globalement minimale, qui rappelle Miss Kittin. Je suis assez client de ce genre de son. Je sors jeter un oeil dehors. C’est la pleine lune, ce qui ne laisse pas beaucoup de doute quant à la suite de la soirée: on n’est pas couchés. Là dessus, Daniel et Elsa arrivent, en pleine forme. Ouh la la.

C’est moi, derrière le bar ce soir. Je me fais un redbull, histoire de conjurer une éventuelle fatigue, puis enchaine au coca. Je ne bois pas ou peu si je bosse, sinon je suis alcoolique dans 3 mois. Déjà que… Je suis bien le seul ce soir. Le Canard, qui est « de plus en plus maniéré » depuis qu’il a quitté la Suisse, vient commander deux Ricard et s’engage dans une intense conversation avec le jeune Eric, de six ans son cadet. « Il y a des atomes crochus entre ces deux là », me fait remarquer Julien. C’est vrai qu’ils sont mignons.

« 4 mad dogs please… and 4 paddles! ». Je lève les yeux. Devant le comptoir, une vingtaine d’américains en T-shirt ont surgi d’on ne sait où. Ce sont les « pubcrawlers ». C’est à peu près le même principe les touristes japonais à Paris qui suivent un guide de Notre-Dame à la Tour Eiffel en passant la Place de l’Etoile. Sauf que là, ce sont des backpackers américains n’ayant pas l’âge légal pour boire une bière chez eux, qui profitent de l’aubaine pour s’alcooliser à outrance en un minimum de temps, en suivant un guide qui les traine de bar en bar. Etrange façon de découvrir la ville. Il ne prennent que des « mad dogs », un shot imbuvable de vodka, sirop de cassis et tabasco. Après une demie heure d’ivrognerie, ils partent en titubant vers le prochain bar. Ils ne sont pas méchants, juste incroyablement bruyants. Stacy, une américaine installée à Berlin depuis trois ans, me glisse après leur départ qu’elle ressent de la honte quand elle voit ces compatriotes. Mais elle nuance: « At least, those americans travel »…

 

Une Réponse to “Une semaine ordinaire à Berlin: Jeudi pop pop 1/2”

  1. Toto Says:

    Votre copine avec son t-shirt « Les jeunes de Berlin avec Sarko », c’est surtout qu’elle n’a pas du lire les résultats des elections en Allemagne et plus particulièrement à Berlin, où le nain est arrivé 3e derrière Royal et Bayrou!

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