La Matrice
Vendredi 2 mai 2008A l’âge de huit ans, alors que je ne savais même pas encore comment faire les bébés, ni même comment me faire cuire un steak, je savais que je voulais des baskets PUMP.
Mais si vous savez, ces super trucs qu’il fallait gonfler avec une petite poire rouge qui ont fait un malheur au début des années 90.
Je me souviens d’avoir lu quelque part que Reebok, à l’époque archi dominé par les indéboulonnables Nike Air, avait lancé ce modèle sans trop croire à son succès industriel. Et pour cause, malgré la faiblesse du coût de la main d’œuvre infantile asiatique, les PUMP coûtaient en moyenne plus cher à produire que les Nike Air. Il faudrait donc les vendre plus cher. Le « chef produit » avait beau retourner sa calculatrice dans tous les sens, calculer et recalculer le coût d’opportunité et l’élasticité-prix du truc, le match contre Nike était perdu d’avance. Pourquoi les gens payeraient-ils plus cher pour ce machin débile?
Et puis, l’équipe marketing eut l’idée de génie de faire bondir le prix de vente de x% et de transformer les PUMP en produit quasi « de luxe ». Au passage, la marge pour Reebok explosait. Culotté. Et bien, croyez le ou pas, ça a marché, sur tous les gamins de Seattle à Athènes, TOUS les gamins voulaient des PUMP. Et moi aussi.
A l’âge de huit ans, alors que je ne savais même pas encore comment faire les bébés, ni même comment me faire cuire un steak, je savais que je voulais des baskets PUMP.
Je n’avais pas encore compris comment satisfaire les besoins primaires d’un Homme, manger et se reproduire, mais je savais déjà que je voulais des PUMP.
Donc, au cours de ma courte vie, entre le moment où on commence à piger quelque chose au monde (vers 2-3 ans ?), et l’age de 8 ans, quelqu’un ou quelque chose a réussi à me convaincre que les PUMP, c’était bien pour moi.
Pourquoi j’ai ce sentiment étrange qu’on m’a lavé le cerveau ?
Ca devrait pas être interdit de laver le cerveau des enfants ?
Je sais pas, je demande juste…



Je me souviens. Ma chambre. A Paris. J’habitais au premier étage d’un immeuble de la rue Marcadet, à quelques pas du métro, en collocation avec un ami. C’était l’un des rares soirs où l’on se retrouvait dans le calme, sans qu’aucun des membres de notre joyeuse bande ne soit venu squatter notre salon, attiré par la lumière, comme ils disent.
Dans les WG Partys, on rencontre plein de gens intéressants, c’est ça qui est bien, même si au moment où j’appuie sur la sonnette, je sens bien que je suis pas d’humeur communicative. J’ai un peu fait une overdose de small talk ces dernières semaines. L’endroit, un grand quatre-pièces sur la Schönhauser Allee, est plus bondé que je l’imaginais. Comme dans toute WG party qui se respecte, les endroits stratégiques de l’appart sont pris d’assaut. Le couloir avec la queue devant les toilettes, la cuisine où se trouve l’alcool, et le balcon où l’on va prendre l’air et fumer sa clope. Je pars à la recherche illusoire d’un tire-bouchon avec ma bouteille à la main. Autant chercher un pauvre à Monaco. Après une demi-heure de vains efforts, j’abandonne et me sers un gigantesque mug de Vodka Redbull. Allez, ca va me faire la soirée, je me dis. Tu parles, une demi heure plus tard j’affronte à nouveau la foule pour me glisser dans la cuisine et remplir mon verre. Il y a là une australienne à qui j’arrive à faire croire que je suis américain. Soit elle sourde, soit elle est bourrée. Remarque, il est déjà 0h30. J’ai pas envie de parler avec elle, je m’éclipse vers le salon. Marie, la maîtresse de maison n’en est visiblement pas à sa première vodka. Elle et quelques autres filles se lâchent sur la piste de danse. J’observe un peu ce petit monde autour de moi en m’allumant une cigarette. Quelle belle jeunesse berlinoise. Mehdi, mon aide indispensable pour le Mouvement Démocrate vient interrompre mes pensées :
Bordères (AFB) - La compagnie aérienne britannique EasyJet a annoncé ce matin l’ouverture prochaine d’une base européenne sur l’aéroport de Pau-Pyrénées, en remerciement à François Bayrou. En effet, la compagnie a vu son chiffre d’affaire en France croître de 18% depuis que le leader centriste a choisi la couleur orange, également couleur officielle de la compagnie. C’est la deuxième fois qu’EasyJet remercie ainsi une formation politique. Le transporteur à bas coüt avait ouvert une base à Kiev après la « Révolution Orange » en décembre 2004.